À l’approche de la fête de Tabaski, les marchés de bétail de Conakry peinent à retrouver leur ambiance habituelle. Malgré une forte présence d’animaux sur les différents points de vente, l’affluence des acheteurs reste timide. La hausse des prix, l’état des routes et l’insécurité semblent peser lourdement sur les échanges.

Dans plusieurs quartiers de la capitale guinéenne, notamment à Koloma, Sonfonia ou encore Dixinn Port, l’équipe du zénith.info a constaté une ambiance morose. Les acheteurs, venus en quête d’un bœuf ou d’un mouton pour le sacrifice rituel, se heurtent à des prix jugés exorbitants: « Le marché est bien fourni en bétail, mais les clients ne se bousculent pas. Ce n’est pas comme les années précédentes », explique qoulleymane Kourouma, un vendeur installé à la Tannerie: « Nous arrivons à vendre, mais difficilement. »
Pour lui, l’une des causes majeures de cette situation est l’état déplorable des routes, qui complique le transport des animaux depuis les zones d’élevage vers la capitale: « Certains animaux meurent en chemin à cause des mauvaises routes. Cela augmente nos pertes et influe forcément sur les prix », déplore-t-il.

Outre les difficultés logistiques, l’insécurité grandissante joue également un rôle dissuasif. Moriba Traoré, un autre vendeur rencontré à Kamilia, pointe du doigt les vols de bétail de plus en plus fréquents à l’approche de la fête: « Les gens hésitent à acheter trop tôt. Ils craignent de se faire voler leur bétail avant le jour de la Tabaski. Du coup, ils attendent la veille ou l’avant-veille pour faire leurs achats », explique-t-il, tout en gardant espoir d’un regain d’activité dans les derniers jours.
Côté acheteurs, la grogne est palpable. Aly Sylla , à la recherche d’un bœuf, se dit découragé par les tarifs affichés: « Je suis là depuis ce matin, mais je n’ai encore rien acheté. Les prix sont excessifs cette année, bien plus qu’en 2024. Même avec la négociation, ce n’est pas évident », confie-t-il.

Face à cette flambée, certains acheteurs appellent les vendeurs à faire preuve de solidarité, surtout dans un contexte économique difficile: « Nous comprenons que c’est leur gagne-pain, mais qu’ils baissent un peu les prix pour que chaque musulman puisse sacrifier un animal, comme le recommande la religion », plaide Ibrahima Sylla, rencontré à Dixinn Port.
Alors que la fête approche à grands pas, vendeurs et acheteurs espèrent un sursaut de dynamisme sur les marchés. Mais pour cela, il faudra surmonter plusieurs défis, à commencer par la stabilité des prix et la sécurisation des marchés.
Lezenith.info














