Alpha Oumar Diallo, employé dans une station-service et poursuivi pour le détournement présumé de 300 millions de francs guinéens, a réussi à s’évader du commissariat central de Koundara alors qu’il était placé en garde à vue. Cette évasion spectaculaire survient seulement quelques jours après son arrestation dans la localité de Youkounkoun, où il avait trouvé refuge après sa fuite initiale.
Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Koundara, Patrice Koma Koivogui, a confirmé l’information. Selon lui, c’est dans la matinée du dimanche 1er juin qu’il a été informé par le commissaire central de la disparition du prévenu. L’évasion s’est produite dans des conditions particulièrement précaires, révélatrices des failles structurelles au sein de l’établissement: « On m’a rapporté que le commissariat central est actuellement en chantier. Faute d’infrastructure adaptée, les services de police ont été transférés dans un ancien centre de santé, devenu provisoirement lieu de garde à vue. Malheureusement, ce bâtiment ne répond pas aux normes de sécurité », explique le magistrat.
Le jour de l’évasion, une forte pluie s’est abattue sur la ville. Les cellules improvisées étant inondées, les détenus ont été temporairement déplacés dans les bureaux administratifs pour préserver leurs droits fondamentaux. C’est dans ces circonstances qu’Alpha Oumar Diallo a profité de l’occasion pour fausser compagnie à ses gardiens, en s’échappant par les ouvertures des antivols.
Selon le procureur, plusieurs personnes se trouvaient dans la même pièce que le fugitif, mais seul ce dernier a réussi à s’enfuir. Une situation qui soulève des interrogations sur la vigilance et la complicité potentielles au sein des forces de l’ordre.
Par ailleurs, des zones d’ombre persistent quant au montant exact du détournement. Lors de son interpellation à Youkounkoun, Alpha Oumar Diallo avait affirmé être en possession de 130 millions de francs guinéens. Pourtant, lors de sa présentation devant le parquet, seuls un peu plus de 51 millions ont été retrouvés sur lui. Une différence de près de 80 millions GNF qui suscite la suspicion: « Des indices concordants ont été relevés à l’issue des confrontations entre les différents acteurs. Deux militaires, chargés de son arrestation, sont actuellement en détention à la maison centrale de Koundara pour leur implication présumée dans cette disparition partielle de fonds », précise le procureur.
Les recherches se poursuivent activement pour remettre la main sur Alpha Oumar Diallo. En attendant, cette affaire met à nu les carences sécuritaires dans certaines localités et relance le débat sur la modernisation des infrastructures pénitentiaires et policières en Guinée.
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