L’espoir de se rendre aux lieux saints de l’Islam s’est transformé en cauchemar pour 416 Guinéens. Victimes d’une escroquerie savamment orchestrée autour d’une agence fictive, ces pèlerins, majoritairement des femmes, se retrouvent bloqués à Conakry alors que les derniers vols pour La Mecque s’apprêtent à décoller.
Ce mardi, une partie du groupe s’est rassemblée devant la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) pour exiger justice et une solution immédiate. Leur revendication : être intégrés d’urgence aux contingents restants du Hadj 2025.

Selon leur porte-parole, Amara 2 Sylla, l’arnaque a été mise en scène par une certaine Hadja Domani Konaté, alias « Nani », qui se serait présentée comme une proche de la mère du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. Sous ce faux vernis de légitimité, elle aurait créé une fausse agence de voyage islamique, encaissant directement ou via virements, les paiements de centaines de fidèles: « Tout semblait crédible : les formations se faisaient à la mosquée Fossidè, l’une des dix désignées par la Ligue islamique de Guinée. On a été vaccinés, on a reçu des uniformes… Tout était bien huilé », explique Amara Sylla, visiblement désabusé.
Plusieurs détails troublants renforcent la thèse d’un réseau structuré : distribution d’uniformes officiels, accès aux vaccins, implication indirecte de certaines agences agréées. Certains pèlerins auraient déboursé jusqu’à 75 millions de francs guinéens, pour un minimum de 50 millions: « Si nous avons été vaccinés, c’est qu’il y avait une coordination. Comment une fausse agence a-t-elle pu obtenir ces doses sans complicités ? » s’interroge un autre fidèle sur place.
Une plainte collective a été déposée à la DCPJ. Hadja Domani Konaté reste pour l’instant introuvable. Ses comptes bancaires ont été gelés, mais les victimes, elles, restent sans réponse.
Le groupe demande l’intervention personnelle du chef de l’État pour qu’une solution soit trouvée : soit l’arrestation rapide des auteurs, soit leur inclusion dans les quotas encore disponibles pour le Hadj: « Nous avons payé pour un devoir sacré, pas pour enrichir des escrocs. Nos passeports sont bloqués, et personne ne nous dit ce qu’il va se passer. On mérite des réponses », conclut Amara Sylla.
Au moment où nous quittions les lieux, les victimes étaient toujours rassemblées devant les locaux de la DCPJ, déterminées à ne pas repartir les mains vides.
Lezenith.info














