Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a exprimé sa profonde déception après la publication d’un rapport des Nations Unies qui, selon lui, ne reflète pas la réalité de la situation en Guinée. Ce document, rédigé par des experts du système des Nations Unies, a suscité des réactions mitigées, notamment parmi les forces vives de Guinée, qui y ont vu une évaluation positive de la situation.
Invité dans l’émission On fait le point sur la télévision nationale ce lundi 28 janvier 2025, le Premier ministre a vigoureusement rejeté les conclusions du rapport. Selon lui, les Nations Unies ont mal interprété certaines initiatives du gouvernement. Il a d’abord souligné que c’est le gouvernement guinéen qui avait sollicité l’aide des Nations Unies dans le cadre du processus de retour à l’ordre constitutionnel : « Nous avons demandé cette expertise afin de mobiliser des ressources pour le pays », a rappelé Amadou Oury Bah.
Le Premier ministre a également dénoncé ce qu’il considère comme un jugement partial de certains experts internationaux. Il a particulièrement mis en avant l’exemple de la réorganisation des partis politiques menée par le ministère de l’Administration du territoire. Ce processus, visant à assainir le paysage politique, a permis de régulariser de nombreux partis sans existence légale. Toutefois, dans le rapport des Nations Unies, cette démarche est interprétée comme une tentative de limiter l’espace civique. « Ce travail de régularisation, qui a redonné de l’ordre à des partis inexistants, est décrit comme une volonté de restreindre les libertés politiques », a dénoncé le Premier ministre, se disant agacé par cette lecture erronée de la situation.
En réponse aux critiques, Amadou Oury Bah a annoncé qu’il rencontrerait la coordinatrice du système des Nations Unies en Guinée le 31 janvier, ainsi que d’autres responsables du gouvernement, pour discuter du rapport et clarifier certains points. Il a également exprimé sa frustration face à l’attitude de certains intellectuels qui, selon lui, se laissent influencer par des intérêts extérieurs. Il les a appelés à être plus sincères et à éviter de manipuler l’opinion publique au profit de causes étrangères à l’intérêt général : « Nos intellectuels doivent être honnêtes et ne pas utiliser leur position pour servir des intérêts personnels ou extérieurs », a-t-il insisté.
Cette prise de position du Premier ministre survient alors que le débat sur la gestion du processus électoral et la situation politique en Guinée reste particulièrement tendu. Les échanges d’accusations entre le gouvernement et les forces vives de Guinée ne semblent pas près de se calmer, et le rapport des Nations Unies alimente encore les divergences.
Ainsi, il apparaît clairement que cette controverse est loin d’être résolue, et que le dialogue entre les parties concernées continuera d’alimenter les discussions politiques du pays.
MOMOYA SYLLA














