Encore un sit-in à Dar-Es-Salam. Ce dimanche matin, les habitants de ce quartier situé dans la commune de Gbessia se sont réunis devant la décharge pour exprimer leur ras-le-bol.
Ils dénoncent l’inaction des autorités face aux fumées toxiques émanant du plus grand dépotoir d’ordures du pays, accusant celles-ci de compromettre gravement leur santé et leur droit à un environnement sain. Ils ont lancé un appel pressant au général Mamadi Doumbouya pour qu’il prenne des mesures urgentes et concrètes:

« Nous sommes asphyxiés et étouffés par la fumée. Et quelque chose d’encore plus grave, c’est que nous sommes déjà dans la saison pluvieuse.
Notre espoir se fonde sur le Président, le Général Mamadi Doumbouya. Et nous connaissons sa vocation à protéger tous les citoyens, nous aussi, la population de Dar-Es-Salam.
Nous sommes convaincus qu’il n’est pas imprégné de notre situation. Il ne sait pas réellement ce qui se passe à Dar-Es-Salam.
C’est pourquoi nous invitons même le Président de la République à faire une visite, » explique Bah Mouctar chargé de la communication se la jeunesse de Dar-Es-Salam
Pendant des heures, ces habitants ont exprimé leur désarroi dans le calme. Djailikatou Diallo, une riveraine visiblement bouleversée, a livré un témoignage :

« On souffre à Dar-Es-Salam. On souffre à Dar-Es-Salam.
Nous, c’est le bâtiment de nos parents qui a été démoli pour être remplacé par ce dépotoir d’ordures. On n’a pas été dédommagés. On ne pardonnera pas au gouvernement, même jusqu’à l’au-delà.
Quand vous partez à l’hôpital, on vous dit que vous fumez. C’est ici que notre imam est décédé. Avant de rendre l’âme, il est tombé malade. Une fois à l’hôpital, partout où il a été admis, ils ont conclu qu’il fumait, qu’il fumait. Eh ! La fumée était pleine dans son cœur. Nous sommes inquiets.
J’ai d’autres preuves dans mon téléphone ici. Des enfants jouaient, il y a eu une explosion. Un débris est venu percuter un des enfants. Je le jure, j’ai des preuves encore. J’ai envoyé l’enfant à l’hôpital, je l’ai soigné.
On prie le général Mamadi Doumbouya et son gouvernement : qu’ils se déplacent, qu’ils viennent voir ce que nous vivons. »
Dans ce quartier densément peuplé, la peur est désormais omniprésente. Les habitants attendent une réaction à la hauteur du danger qu’ils affrontent chaque jour.
Amadou Diallo














