Lettre à Papa,
La blessure la plus difficile à cicatriser n’est pas celle infligée par nos ennemis, mais celle causée par l’ingratitude de nos proches. C’est un mal profond, bien plus douloureux que tout ce que l’on peut subir de l’extérieur.
Vingt-trois coups de poignard n’ont pas suffi à briser Jules César, mais c’est le dernier coup porté par son fils, Brutus, qui l’a ôté de la vie. Son dernier cri « Toi aussi, mon fils ? » résonne encore dans l’histoire comme un symbole de désespoir et de douleur.
Papa, après mon limogeage en 2017 et nos divergences politiques, je t’avais promis de ne jamais être ce que Brutus a été pour César. J’ai vu ta générosité, ton magnanimité, et la confiance aveugle que tu as donnée à ceux qui te trahissent aujourd’hui. Mais, comme le veut la sagesse africaine, tant que nous ne sommes pas dans notre tombe, notre histoire n’est pas complète.
L’ingratitude est une constante de l’histoire humaine, mais sache que tout le monde n’est pas ingrat. Il y a ceux qui se souviennent de ce que tu as fait pour eux. Je fais partie de ces derniers.
Merci pour ce que tu as fait pour moi, papa, et pour m’avoir permis de devenir ce que je suis aujourd’hui.
Ton fils,
Siaka Barry, à jamais reconnaissant.














