Les ministres de la République continuent de présenter leurs visions pour faire connaître largement leurs programmes réalisés ou en cours de réalisation. Ce mardi, c’était au tour du jeune ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat. À cette occasion, Moussa Moïse Sylla a rappelé le projet Novotel, qui a rencontré des difficultés en 2019. Une convention entre la Guinée et une société sud-africaine pour la relance de Novotel n’a malheureusement pas respecté les clauses de l’accord.
« Parlant du Grand Hôtel de l’Indépendance, c’est une convention qui a été signée en 2019 entre l’État guinéen et une société sud-africaine. Cette convention a été signée, je dirais, à l’arraché, entre guillemets, car le ministère du Tourisme n’a pas eu le temps nécessaire pour faire travailler ses techniciens sur les différents paramètres de cette convention. À la va-vite, cela a été signé. En 2019, la convention prévoyait la réhabilitation du Grand Hôtel de l’Indépendance, qui est un patrimoine national ayant traversé plusieurs régimes et étant témoin de l’histoire de notre pays. Cette convention prévoyait la réhabilitation de l’hôtel existant, la construction d’une tour de 18 étages, l’aménagement d’une plage et une marina, puisque l’emplacement est au kilomètre zéro de la République de Guinée et fait face aux îles de Loos. La deuxième composante de cette convention concernait également l’hôtel Bel Air du côté de Boffa. Vous comprendrez donc qu’il s’agissait d’un projet fantomatique, énorme, qui relevait davantage du registre de l’imaginaire que du réel », a-t-il précisé.
Il a ensuite ajouté :
« Le projet a eu du mal à démarrer. Le représentant local qui était chargé de l’opération n’a pas pu faire démarrer les travaux. Nous avons été contraints, après plusieurs réunions et en respectant toutes les procédures, de demander la résiliation de la convention. Une décision qui a été prise en conseil des ministres. C’est une décision gouvernementale. Le constat est que le Grand Hôtel de l’Indépendance, la vente qui a été attribuée à la société sud-africaine, comportait des meubles, des groupes électrogènes, bref, tout ce qu’il fallait pour accueillir un certain type de visiteurs. Mais l’hôtel a été complètement dépouillé de ses équipements existants entre 2019 et le moment où nous avons repris les choses en main, alors que les travaux n’ont pas démarré. Parallèlement, nous avons engagé une procédure judiciaire pour que l’État soit rétabli dans ses droits », a annoncé le ministre du Tourisme.
Son département ne s’est pas arrêté à ce niveau. Le ministre Moussa Moïse Sylla a informé les journalistes de la mise en place d’une stratégie de relance, qui repose avant tout sur un programme visant à attirer de nouveaux investisseurs.
« Nous avons aussi mis en place un programme pour attirer de nouveaux investisseurs, tout en étant plus prudents dans les différentes offres et manifestations d’intérêt concernant ce patrimoine. Chaque demande sera examinée de près afin de nous assurer de plusieurs paramètres. Celui qui manifeste le désir de reprendre le Grand Hôtel de l’Indépendance doit avoir la capacité financière et technique de réaliser ce projet. Ensuite, le domaine de l’hôtellerie doit être son cœur de métier. C’est pourquoi le processus est complexe, car il ne s’agit pas d’un financement sur le budget national de développement. L’État s’est engagé dans la gestion des infrastructures hôtelières depuis des années. C’est en partenariat avec le secteur privé que nous allons relancer le Grand Hôtel de l’Indépendance. Nous avons reçu plusieurs offres, venant de Chinois, de Turcs, d’Émiratis, et nous sommes en train de les étudier. En fonction des critères que je viens de citer, afin d’éviter de commettre les mêmes erreurs du passé, nous allons pouvoir contractualiser avec un repreneur sérieux, qui aura toutes les capacités pour relancer le Grand Hôtel de l’Indépendance », a-t-il conclu.
Ainsi, après des années d’incertitudes, le ministre Moussa Moïse Sylla semble déterminé à restaurer l’emblématique Grand Hôtel de l’Indépendance, tout en assurant une gestion rigoureuse pour garantir la réussite du projet et son impact positif sur le secteur touristique guinéen.
Décryptage lezenith.info














