Le conflit entre la Fédération Guinéenne des Associations des Tradipraticiens et Herboristes (FEGATH) et le ministère de la Santé semble s’intensifier, après des accusations graves de détournement de fonds. Le président de la FEGATH, Mamady Daman Traoré, a accusé ouvertement le ministère de la Santé d’avoir détourné une somme colossale de 73 milliards de francs guinéens, initialement destinée à la fédération.
Selon Mamady Daman Traoré, cette somme, inscrite dans le budget adopté en 2023 par les commissions des finances et de la santé du Conseil National de la Transition (CNT), était censée être utilisée pour le recensement des tradipraticiens, le contrôle des médicaments traditionnels, ainsi que la formation des praticiens à travers les 33 préfectures du pays.
Cependant, Traoré dénonce le fait que la FEGATH n’a jamais perçu ces fonds et affirme que le ministère de la Santé a détourné cette somme en créant une structure parallèle dirigée par un certain Moussa Doumbouya, surnommé Savant Noir, excluant ainsi la FEGATH.
« Nous avons saisi le président du CNT, qui a demandé au ministère de la Santé de nous remettre notre budget, mais cela est resté sans réponse. Nous avons également appris que le ministère reconnaît uniquement une seule structure de tradipraticiens, la Fenamataki, en vertu d’un protocole d’accord. Pourtant, nous disposons de tous les documents légaux pour prouver notre légitimité. Il ne peut y avoir deux fédérations dans un même pays », a déclaré Mamady Daman Traoré.
En réponse à cette situation, la FEGATH a porté plainte contre l’inspecteur général de la Santé et son adjoint. Une convocation a été émise par le Tribunal de Première Instance de Kaloum, mais jusqu’à présent, l’affaire semble stagner.
Face à cette impasse, le président de la FEGATH a appelé à l’intervention personnelle du chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, et demande le transfert du dossier à la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).
« Nous sollicitons l’implication du président de la République pour que justice soit rendue et que nous puissions enfin obtenir notre part du budget qui nous a été alloué », a conclu Mamady Daman Traoré, ce vendredi.
Kadiatou Baldé














