Les interrogatoires de l’ex-ministre, le Dr Ibrahima Kourouma, se poursuivront ce lundi, 3 février, après l’audience du mercredi 29 janvier, devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).
Dr Ibrahima Kourouma et l’ex-directeur administratif et financier (DAF) du ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation, Mohamed V Sankhon, sont accusés de « détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite ». Cette affaire concerne un montant de 612 milliards de francs guinéens et 12 millions de dollars, jugés non justifiés par la cour, en lien avec l’organisation des examens nationaux.
Lors de l’audience de la semaine dernière, Dr Kourouma, en détention depuis 2022, a réaffirmé que son rôle en tant que ministre se limitait à l’ordonnancement du budget, précisant que la responsabilité de la justification des pièces financières revenait au directeur financier.
« Je me retrouve devant votre juridiction à cause d’un simple rapport partiel sur lequel je n’ai jamais eu l’opportunité de discuter. Ce rapport couvre la période 2011-2021, alors que j’ai quitté le ministère de l’Éducation en 2016 », a-t-il déclaré, rejetant ainsi les accusations portées contre lui.
Le prévenu a également été interrogé sur ses biens, en particulier l’acquisition de sa maison à Lambanyi en 2012, alors qu’il venait tout juste de prendre ses fonctions de ministre. Il a expliqué que cet achat avait été financé par un « cadeau » de 100 millions de francs guinéens offert par le président Alpha Condé à l’occasion de son mariage. « C’est ce cadeau que j’ai investi dans ma première démarche », a-t-il précisé. Il a également évoqué ses biens personnels, à savoir une pharmacie ouverte en 2007, ainsi que deux parcelles à Taban. Quant à la maison de Lambanyi, il a précisé qu’elle avait été acquise pour un montant de 600 millions de francs guinéens.
Interrogé sur les accusations d’enrichissement illicite, Dr Kourouma a nié être le propriétaire de certains biens immobiliers, notamment une villa à Sangoya et l’immeuble abritant sa pharmacie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion, l’ex-ministre a dénoncé ce qu’il considère comme un traitement injuste, soulignant que, contrairement à ses successeurs, il était le seul à être incarcéré. Il a précisé qu’il avait purgé 34 mois de prison pour des faits qu’il juge non fondés.
« Tous les autres ministres qui m’ont succédé sont tranquilles », a-t-il ajouté, visiblement frustré par ce qu’il perçoit comme un déséquilibre dans le traitement des affaires.
Il convient de noter que le procès a été renvoyé à ce lundi 3 février, date à laquelle la défense de l’ex-ministre aura l’opportunité de poser des questions à son client.
KADIATOU BALDÉ














