L’ancien ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisation, Dr Ibrahima Kourouma, et son co-accusé, Mohamed V Sankhon, seront à nouveau jugés ce mercredi 22 janvier 2025 par la Chambre de jugement de la CRIEF, après une première comparution tumultueuse la semaine dernière.
En détention depuis maintenant 33 mois, l’ex-ministre et son associé sont accusés de détournement massif de fonds publics et d’enrichissement illicite. Les sommes en jeu sont colossales : « 612 milliards 520 millions 784 809 mille francs guinéens et 12 millions de dollars », des montants qui suscitent des interrogations sur la gestion des ressources publiques.
Lors de l’audience précédente, les deux prévenus ont fermement rejeté les accusations qui pèsent sur eux. Leurs dénégations n’ont toutefois pas suffi à apaiser les tensions au sein du tribunal.
Avant d’entamer les débats de fond, un point de procédure a semé la discorde. La partie civile a en effet dénoncé le manque de certains documents essentiels au dossier. La défense, réactive, a rapidement pris en charge cette situation, permettant ainsi la remise des pièces manquantes.
Cette situation a conduit la partie civile à demander un renvoi du dossier pour mieux examiner les nouveaux documents.
Dans le même temps, les avocats de Dr Ibrahima Kourouma ont présenté une demande de mise en liberté provisoire, estimant que leur client, incarcéré depuis de longs mois, aurait besoin de conditions adéquates pour préparer sa défense.
La réponse de l’avocat de l’État a été cinglante : seul l’aspect civil de l’affaire l’intéresse. Il a exigé qu’une caution de 500 milliards de francs guinéens soit déposée au greffe, au cas où le juge accepterait la demande de libération.
Une position reprise par le substitut du procureur, qui a qualifié la demande de mise en liberté de « prématurée et inopportune ».
Le juge Yagouba Conté a finalement rejeté la demande de libération, décidant de renvoyer l’affaire à ce mercredi 22 janvier 2025 pour la suite des débats.
L’affaire reste donc en suspens, avec de nombreux rebondissements .
KADIATOU BALDÉ














