Dans une manifestation spectaculaire ce jeudi matin, des enseignants-chercheurs des universités de Gamal Abdel Nasser de Conakry et du Général Lansana Conté de Sonfonia ont exprimé leur exaspération et leur ras-le-bol devant le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Ces académiciens, qui exercent depuis plus de six ans dans des conditions précaires, réclament leur intégration immédiate dans la fonction publique, déplorant une « injustice institutionnalisée » et une « gestion opaque » de leurs carrières.

Malgré leur engagement intellectuel et leur contribution capitale au système éducatif du pays, ces enseignants-chercheurs se trouvent toujours privés de toute reconnaissance officielle et excluent des processus de recrutement, en dépit de leur expertise. Leurs cris de détresse ont résonné à travers des slogans vigoureux tels que : « Halte à l’exploitation intellectuelle ! », « La justice doit primer, pas la corruption ! » et « C’en est assez, nos droits doivent être restaurés ! ». Ces mots traduisent une frustration croissante face à un système qui marginalise ceux qui consacrent leur vie à l’enseignement et à la recherche.
Au cœur de cette colère se trouve la lenteur administrative, les pratiques de favoritisme et l’opacité des processus de sélection des enseignants-chercheurs, qui alimentent un climat de méfiance au sein des universités. Les manifestants dénoncent également des mécanismes de recrutement corrompus, où la compétence est reléguée au second plan au profit de connexions et de manipulations. Ce système dégradant, affirment-ils, met en péril la qualité de l’enseignement supérieur et compromet le futur académique du pays.

Face à cette situation, les enseignants-chercheurs exigent une réforme totale du secteur, ainsi que l’instauration d’une politique de recrutement transparente et juste, capable de valoriser les compétences réelles. Ils appellent à une gestion plus éthique des ressources humaines et à la régularisation de leur statut afin de garantir un avenir meilleur à l’enseignement supérieur guinéen.
FATOUMATA BINTA BALDÉ














