Un scandale d’une ampleur inédite secoue la Guinée : la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a mis sous mandat de dépôt 11 hauts responsables des Douanes guinéennes, accusés d’avoir détourné plus de 700 milliards de francs guinéens. Un montant colossale qui résulte d’un réseau de corruption et de fraudes systématiques au cœur de l’administration douanière.
Les inculpés, qui occupent des postes clés au sein des Douanes, sont accusés de multiples délits tels que le « faux et usage de faux », la « corruption », le « détournement de deniers publics », l’« enrichissement illicite », le « blanchiment de capitaux » et la « complicité ». Parmi eux figurent des personnalités influentes, notamment :
Général Moussa Camara, directeur général des Douanes
Colonel Macky Agreby Diallo, directeur général adjoint des Douanes
Colonel Lancinet Sidiki Condé, directeur de l’Informatique et des Statistiques douanières
Lieutenant-colonel Fodé Camara, chef de division de la comptabilité centrale des Douanes
Colonel Fadensen Keita, directeur régional de Conakry Port
Lieutenant-colonel Mohamed Baba Bamba, chef du Bureau Conakry Port
Lieutenant-colonel Kadiatou Diallo, cheffe comptable à Conakry Port
Lieutenant-colonel Ousmane Oulare, chef du Bureau Véhicule
Capitaine Mamadou Bailo Diallo, assistant comptable
Commandant Léonie Plegne, comptable au Bureau spécialisé pour le dédouanement des véhicules
Commandant Alpha Oumar Sakho, chef de la division Contrôle Informatique à la Direction générale des Douanes (en fuite).
L’affaire est d’autant plus marquante que le commandant Alpha Oumar Sakho, l’un des principaux accusés, a pris la fuite, ajoutant ainsi une dimension inquiétante à ce scandale de grande envergure. Sa disparition soulève des interrogations sur les ramifications du réseau et sur l’implication d’autres acteurs dans ce détournement massif.
Le scandale révèle une fois de plus l’étendue de la corruption qui gangrène certains secteurs stratégiques de l’administration publique en Guinée. Ce détournement de fonds, à hauteur de plusieurs centaines de milliards, constitue un affront direct aux efforts de redressement économique du pays.
Le combat contre la corruption en Guinée franchit un nouveau seuil avec cette affaire. Si ces responsables sont condamnés, ce sera un signal fort envoyé à tous ceux qui croient encore en l’impunité dans le pays. Les Guinéens attendent désormais des actions concrètes pour mettre fin à ces pratiques frauduleuses et rendre justice aux victimes de cette fraude organisée.
AMADOU DIALLO














