Dans une interview exclusive, Mamadou Sylla, président de l’Union Démocratique de Guinée (UDG), a exprimé de vives préoccupations concernant la politique de fermeture du gouvernement actuel dirigé par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Selon lui, la junte au pouvoir, dirigée par le Colonel Mamadi Doumbouya, a adopté une attitude de totale isolation, refusant tout contact avec les partis politiques, la société civile et même les anciens responsables du pays.
Le président de l’UDG, qui n’a pas eu de contact avec le président Doumbouya depuis plus de trois ans, a souligné la gravité de la situation. « Je n’ai jamais parlé avec le Président depuis trois ans maintenant, je n’ai jamais parlé avec lui. D’abord, je n’ai pas de contact avec aucun membre du gouvernement, que ce soit le Premier ministre ou d’autres personnes. Ils sont refermés. Il ne veut voir personne, ni parti politique, ni société civile, ni personne. C’est très, très grave », a-t-il déclaré. Cette fermeture au dialogue, selon Mamadou Sylla, empêche toute forme de collaboration et d’engagement démocratique qui pourrait apporter des solutions aux défis du pays.
Le président de l’UDG critique également la composition des gouvernements successifs, notamment sous le régime du CNRD, qu’il accuse d’avoir mis en place des équipes ministérielles sans réelle expérience ni expertise. Il évoque l’exemple du dernier gouvernement dirigé par Mohamed Béavogui, avec des ministres choisis parmi des directeurs et sous-directeurs, une situation qui selon lui a également été observée sous le précédent gouvernement d’Alpha Condé. « Il a balayé tous les ministres qu’il a trouvés sur place, il n’a pris que des directeurs et des sous-directeurs comme ministres. Alpha Condé aussi a fait la même chose. Il a balayé tous les anciens ministres et a pris uniquement les petits ministres ou des directeurs de machins », a-t-il ajouté, exprimant son inquiétude face à la gestion de l’Etat.
Pour Mamadou Sylla, la solution réside dans une ouverture vers les personnes ayant une réelle expérience et une connaissance approfondie du pays. Il conseille au CNRD de travailler avec des experts, même sous la forme de conseillers bénévoles, afin d’éviter des erreurs coûteuses. « Je crois qu’il pourrait travailler avec les plus expérimentés, même comme simple conseiller bénévole. Mais si tu t’enfermes avec tout le monde, ce n’est pas possible », a-t-il insisté.
Dans un contexte politique de plus en plus tendu, cette déclaration de Mamadou Sylla met en lumière les divisions croissantes entre la junte au pouvoir et les forces vives de la nation, qui se sentent ignorées et marginalisées par le gouvernement en place. Alors que le pays traverse une période incertaine, le dialogue entre le CNRD et les différentes parties prenantes semble plus que jamais nécessaire pour avancer vers une Guinée stable et démocratique.
La rédaction














