Le 30 novembre 2024, lors d’une rencontre au siège de l’Union des Forces Républicaines (UFR), Mouctar Khalissa a exprimé de vives préoccupations quant à l’organisation des élections en Guinée sous la houlette du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD). Selon lui, la gestion des élections par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) laisse planer de sérieuses incertitudes, notamment avec l’évaluation des partis politiques et la gestion des suspensions et dissolutions.
Khalissa a mis en lumière une incohérence fondamentale dans l’évaluation des partis politiques : sur les 37 partis inscrits, aucun n’a été évalué, et pourtant certains ont été soit suspendus, soit placés sous observation. Une situation qu’il juge totalement inacceptable. Pour lui, cette gestion fait naître des doutes sur la volonté réelle des autorités de conduire une transition électorale juste et inclusive.
L’opposant a insisté sur un point crucial : la Guinée doit s’engager dans un processus électoral transparent et libre, sans la candidature du président du CNRD, Mamadi Doumbouya, ni celle de ses proches collaborateurs. Il avertit : « Nous ne voulons pas de la candidature de Mamadi Doumbouya ou des membres du CNRD. C’est ce que souhaite l’opposition, c’est ce que la population exige. » Khalissa a ainsi réaffirmé la position de l’opposition républicaine, qui exige une transition qui inclut véritablement les partis politiques. À ses yeux, ignorer leur rôle, c’est risquer de faire basculer le pays vers une confiscation du pouvoir.
Khalissa a également lancé un avertissement fort à l’égard des autorités actuelles : « Le peuple de Guinée est très docile, mais attention au réveil de ce peuple. » Il a rappelé les luttes historiques de la Guinée pour la liberté, citant les révoltes des femmes sous Sékou Touré, la révolte sous Lansana Conté et les événements de 2009. « Nous n’accepterons pas que l’histoire se répète avec le CNRD », a-t-il conclu, soulignant que toute tentative de manipulation du processus électoral serait confrontée à une résistance ferme.
Le message de Khalissa est clair : la transition doit être guidée par un consensus avec les partis politiques. Toute autre démarche risquerait de mettre en péril la stabilité du pays et d’entraîner des tensions sociales insurmontables. Le CNRD est donc mis en garde : le peuple guinéen ne permettra pas une confiscation du pouvoir. L’opposition continue de revendiquer un processus électoral inclusif, afin que les élections à venir soient véritablement libres et transparentes.














