Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a présidé mardi la cérémonie d’accueil de la deuxième cohorte d’enseignants-chercheurs et de chercheurs recrutés par l’État guinéen. La salle du CAMES de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC) a abrité la cérémonie, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de responsables d’institutions d’enseignement supérieur. Au total, 300 docteurs ont été retenus pour cette deuxième cohorte, après l’intégration de 150 enseignants-chercheurs en octobre 2024. En moins de deux ans, ce sont ainsi 450 docteurs qui auront rejoint le système d’enseignement supérieur guinéen.
Dans son discours, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Dre Diaka Sidibé, a rappelé la portée symbolique de cette cohorte: « Nous vivons aujourd’hui un moment important pour l’avenir académique de notre pays. L’intégration de 300 enseignants-chercheurs titulaires de doctorats dans nos institutions d’enseignement supérieur est un acte politique fort, un choix stratégique du gouvernement et un investissement massif dans le capital humain universitaire », a-t-elle déclaré.
La ministre a souligné que le système universitaire guinéen fait face à une croissance rapide des effectifs étudiants, à une montée en puissance des cycles de master et de doctorat, ainsi qu’à des exigences accrues en matière de qualité scientifique. Elle a par ailleurs regretté le faible pourcentage (moins de 10 %) d’enseignants de rang magistral, un encadrement doctoral qu’elle juge « insuffisant », ainsi qu’une faible capacité à mobiliser des financements compétitifs.
Poursuivant son intervention, Dre Diaka Sidibé s’est réjouie des résultats obtenus avec la première cohorte: « La première cohorte recrutée en octobre 2024 affiche déjà des performances encourageantes, un taux moyen d’évaluation avoisinant 78 %, plus de la moitié des enseignants jugés satisfaisants ou excellents, et un volume d’heures d’enseignement supérieur aux obligations statutaires. Près de 487 cours ont été dispensés au cours de l’année universitaire », a-t-elle souligné. Elle a également évoqué une meilleure continuité pédagogique, une réduction des retards académiques et un encadrement plus structuré des masters. Toutefois, la ministre a invité les enseignants-chercheurs à redoubler d’efforts en vue d’une « transformation qualitative » du système. Elle a insisté sur le fait que l’heure n’est plus au simple recrutement: « Désormais, chaque enseignant-chercheur devra disposer d’un cahier des charges précis. Les activités d’enseignement, d’encadrement, de publication et de montage de projets devront être documentées et évaluées. Des revues semestrielles de performance seront organisées dans les établissements publics à caractère scientifique, avec possibilité de reconduction, de mise sous observation ou de suspension de contrat en fonction des résultats. »
Trois priorités stratégiques ont été fixées : renforcer l’encadrement des masters et doctorats en réduisant les délais de soutenance et en exigeant au moins une publication scientifique avant la défense de thèse ;
accroître la production scientifique en alignant recherches et publications sur les priorités nationales, notamment dans l’agriculture, l’énergie et les industries minières ;
développer la culture de projet à travers la soumission à des appels compétitifs et la mobilisation de financements internationaux.
« Vous êtes recrutés pour transformer la qualité des maquettes, la rigueur méthodologique, l’encadrement doctoral, la culture de publication, ainsi que la capacité de montage de projets et de transfert de compétences. Nous nous attendons à un impact mesurable dans nos institutions d’enseignement et de recherche », a-t-elle insisté.
De son côté, le porte-parole des enseignants recrutés, Dr Koffi Ange Michel, a exprimé sa gratitude envers le gouvernement guinéen. Au nom de ses collègues, il a promis de mettre leur savoir au service du pays et de contribuer à la formation d’hommes et de femmes scientifiques de qualité.
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