Ce lundi 13 octobre 2025, des enseignants contractuels communaux non retenus lors du processus d’intégration à la fonction publique ont manifesté à Conakry pour faire entendre leur voix. Rassemblés au siège du SLECG à Donka, ils ont tenu un sit-in pour dénoncer leur exclusion, affichant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « À bas l’injustice » ou encore « Nous avons rendu service à la nation ».
Prenant la parole au nom du groupe, Elhadj Mamadou Diaka Sow, leur porte-parole, a expliqué le but de leur mobilisation: « L’objectif de notre sit-in ce matin, c’est d’interpeller les autorités du pays, le gouvernement guinéen, particulièrement notre ministère de tutelle, le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, le ministère de la Fonction publique, le MATD, le Budget, y compris le père de la nation qui est le général Mamadi Doumbouya, et dire également aux structures syndicales de s’associer à notre combat, à cette lutte qui est noble, en vue que notre arrêté d’engagement soit signé, sans délai et sans condition, parce que nous avions mérité et nous avons servi les écoles de la République. »
Revenant sur leur situation administrative, Elhadj Mamadou Diaka Sow a précisé: « Il faut comprendre déjà, pour notre cas, de façon très, très particulière, les communaux non retenus de l’intérieur ont signé un contrat avec l’État, ont reçu les numéros de dossier, ont été identifiés, et par la suite nous avons été pré-enrôlés et nous sommes biométrisés à date. Donc, nous sommes dans le fichier unique de gestion administrative de la solde, donc au niveau du fichier central de la fonction publique. »
Il ajoute que ces enseignants ont également passé une évaluation pratique, avec des résultats souvent très positifs: « Par la suite, nous avons fait un concours spécifique en pratique de classe, qui nous a valu des moyennes de 15, 17, 18 de moyenne. Et malheureusement, nous ne nous sommes pas vus parmi le lot des retenus. Donc cela nous attriste à plus d’un titre. »
La précarité dans laquelle se trouvent ces enseignants a aussi été évoquée, avec des cas dramatiques:« Il y a beaucoup de nos collègues se trouvant à l’intérieur qui ont perdu la vie, certains sont gravement blessés, d’autres ont perdu leur mari, certains avec leur femme. Et vous conviendrez avec moi, lorsque nous avions rencontré le ministère du Travail et de la Fonction publique, il était convenu à ce que nos primes soient reversées. Et les primes qu’on nous a promises, malheureusement, nous ne les avons pas encore reçues jusqu’à date. »
Selon lui, la majorité des concernés n’ont toujours rien perçu: « Les six millions, il n’y a que 20 % parmi les 4 000 et quelques qui sont concernés par cette situation. Et de façon aussi déplorable, on nous a fait renoncer à deux ans six mois de salaire, en contrepartie d’un engagement que nous n’avions pas encore vu à date. Donc nous sommes venus ici vraiment lancer un cri de cœur pour que les autorités du pays puissent faire en sorte que l’arrêté soit signé. »
Face à l’inaction, il appelle à une solution rapide et inclusive: « Parce qu’à date, il ne reste que ça, faire en sorte qu’il y ait une liste unique, consensuelle, et que nous voyions l’arrêté d’engagement dans les plus brefs délais. »
Concernant leur dernière rencontre avec un représentant de la présidence, il précise : « Récemment, nous avions été reçus au niveau de la présidence, pratiquement par le directeur adjoint du protocole d’État, donc qui nous a sollicité à ce que nous fassions un repliage, et que nous puissions faire une assise avec eux. Nous avions fait l’assise. À l’issue de l’assise-là, il était convenu que dès après les élections référendaires passées pour le 21 septembre, nous allions être appelés par les autorités, donc concernés par notre dossier, pour que nous puissions trouver un terrain d’entente. »
Mais selon lui, aucun suivi n’a été effectué depuis:« Malheureusement, jusqu’à date, ils ne nous ont pas fait appel. Et nous également, nous avions essayé de contacter, puisqu’on nous a donné les cartes de visite. On a essayé de contacter, mais sans suite. On contacte, et à chaque fois, ce sont des occupations, ou parfois même, on ne décroche pas. Donc c’est une situation qui nous attriste, de ce côté aussi. Mais nous estimons que peut-être ils sont en train de revoir. En tout cas, nous comptons à ce qu’ils continuent aussi de mettre pression et d’appuyer le dossier auprès des ministères concernés. »
Quant à une éventuelle reprise du service, le porte-parole reste ferme sur la nécessité d’un acte officiel: « Toutes les structures syndicales nous ont pratiquement indiqué à ce que nous reprenions. Oui, ce n’est pas un refus, d’accord, ce n’est pas un refus de reprendre. Nous, nous voulons bien continuer à servir la nation guinéenne. Mais vous conviendrez avec moi qu’il n’y a pas un acte officiel émanant du ministère qui stipule que nous devons reprendre. Nous attendons un acte officiel émanant du ministère qui stipule que nous devons reprendre. »
Lezenith.info














