Les enjeux juridiques des déclarations de Monsieur Taliby Dabo : Entre liberté d’expression et responsabilité pénale.
Les récentes déclarations publiques de Monsieur Taliby Dabo, personnalité bien connue de la scène sociopolitique guinéenne, ont suscité de vives réactions tant dans l’opinion que dans les milieux juridiques. Si la liberté d’expression est un droit fondamental garanti par la Constitution, elle ne saurait être absolue, surtout lorsqu’elle est susceptible de troubler l’ordre public, de porter atteinte à la sécurité nationale ou de répandre des informations non vérifiées.
En se fondant sur l’article 875 du Code pénal guinéen, la justice pourrait qualifier ses propos de diffusion de fausses nouvelles ou de nouvelles non vérifiées susceptibles de troubler la paix publique. Cette infraction est punie de 6 mois à 2 ans de prison et d’une amende de 50 à 100 millions de GNF.
Au-delà, une lecture croisée des articles 20 (complicité) et 561 (manœuvres compromettant la sécurité publique) pourrait également permettre de requalifier certains éléments de ses prises de parole. Ces infractions sont passibles de 3 à 5 ans de prison si la justice estime qu’il a incité à des actes pouvant mettre en péril la stabilité de l’État ou provoquer des troubles graves.
L’enjeu est donc double protéger la liberté d’opinion, tout en préservant l’ordre public et la stabilité nationale. Le cas Dabo illustre les limites de l’expression dans un contexte de transition politique où chaque mot peut avoir une portée lourde de conséquences.
En somme, la procédure qui pourrait être engagée contre lui poserait un précédent important en matière de régulation du discours public en Guinée, à l’ère des réseaux sociaux et de la viralité des propos.
Lire le droit avant de parler. La loi ne protège pas la rumeur.
Billy KEITA, juriste en méditation mais passif.














