L’émoi grandit en Guinée après l’enlèvement du bâtonnier Mohamed Traoré, figure emblématique du barreau et fervent défenseur des droits humains. Dans un message publié sur Facebook, l’avocate et militante Me Halimatou Camara tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie de « dérive grave » du régime de transition dirigé par Mamadi Doumbouya: « Dénoncer les dérives de la transition est devenu un crime », déplore-t-elle, pointant du doigt un climat de répression croissante et de criminalisation de la parole libre. Pour Me Camara, l’enlèvement de son confrère n’est pas un acte isolé, mais le symptôme d’un effondrement progressif de l’État de droit: « Un avocat ne peut être séquestré. C’est une violation grave de l’État de droit », rappelle-t-elle fermement.
Depuis deux ans, dit-elle, les défenseurs des droits humains ne cessent d’alerter : aucune prospérité durable ne peut exister sans le respect des libertés individuelles et collectives. L’enlèvement de Me Traoré, selon elle, vise à « faire taire une voix libre », dans un contexte où le silence complice d’une partie de l’appareil judiciaire facilite ce type d’abus: « Ce qui arrive au bâtonnier Traoré est une dérive grave, facilitée par le silence ou la complicité d’une partie de l’appareil judiciaire », écrit-elle avec gravité.
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